Se remettre d’un accident : Interview Béatrice Martin

 6 décembre 2011

J’aimerais vous faire part du témoignage de Béatrice Martin qui a connu une mésaventure au cours de sa vie : un accident, suivi d’un coma et de lourdes séquelles ensuite.  Elle en a fait une occasion de

transformation, comme elle le dit elle même. Malgré cette épreuve, elle est maintenant heureuse de vivre chaque instant de sa vie.

Je vous laisse apprécier l’interview de Béatrice :

Frédéric langourieux: Bonjour Béatrice

Béatrice Martin : Bonjour.

Frédéric langourieux : Pouvez vous me raconter rapidement votre parcours ?

Béatrice Martin : Oui, jexerçais la profession d’infimière libérale. Autour du 11 nov. 1993 j’ai décidé pour connaitre la ville d’accompagner une patiente sur la tombe du général de Gaulle à Colombey. Arrivée à Dijon, glissade sur du verglas et pris le mur de face. Coma avec assistance resppiratoire aux soins intensifs de dijon, puis transfert dans le service de rééduc au Grau du Roi pendant 18 mois, toujours dans le coma, dopée à mort avec temesta, dépakine (3 fois la dose qu’il me fallait). Puis le pronostic étant la mort ou au mieux un légume, le service me renvoie chez mes parents. Là,  après intoxication médicamenteuse et séjour dans une clinique. Sevrage de la dépakine, début de progrès. Début d’alimentation, parce qu’avant c’était par sonde parentérale. Puis, début d’essai de communiquer à l’aide d’un tableau où il y avait l’alphabet. Petit à petit, les années passant, je faisais des progrès. Jusqu’en 2001 où,  je suis allée faire un séjour à Lamalou et où j’ai rencontré celui qui allait devenir mon compagnon. Quand je l’ai connu, il était pensionnaire lui aussi, et était dans un  fauteuil lui aussi. Puis les jours passant, il est sorti du fauteuil. De là nous avons décidé de vivre ensemble. Nous avons loué un appart dans la maison fraîchement construite de ma cousine germaine, appartement commode pour moi, car de plein pied. Ensuite, mes cousins ont fait une piscine (1m80) partout. Moi, j’ai acheté une chaise hydraulique pour aller dans l’eau. Que demander de plus ?

Frédéric langourieux : Sacré péripétie quand même ! Et puis je vous entends positive face à cette histoire mais j’imagine que juste après l’accident, vous ne pensiez peut être pas la même chose ?

Béatrice Martin : Non, mais je n’ai jamais été négative. Peut-être, je ne réalisais pas bien, que sais-je ? Toujours-est il que je n’ai jamais eu de regret, tout au plus quelques coups de blues qand je voyais faire autour de moi, ou alors quand les amis de mes parents, comme je suis dyslexique, ne me comprenant pas, me prenaient pour une neuneu. Mais n’arrivant pas à parler, je ne pouvais pas leur crier « je comprend tout ».

Frédéric langourieux : Est-ce que vous étiez aussi positive avant l’accident ?

Béatrice Martin : Avant l’accident, j’étais ce qu’on pourrait appeler « un clown triste ». Je faisais celle à qui tout va bien, mais, je cherchais le sens de ma vie. Je prenais beaucoup de tranquillisant. Après analyse et avec mon cheminement spirituel actuel, je dirais que c ‘était pour endormir ma conscience

Frédéric langourieux : Vous vous êtes tournée vers la spiritualité après l’accident ?

Béatrice Martin : Oui, parce qu’une amie m’a passé un livre d’Arnaud Desjardins « Bienvenue sur la voie ». Elle pensait que peut-être, il me plairait parce qu’à elle, il lui avait beaucoup plu. A la lecture de ce livre, j’ai senti que quelqu’un comprenait le malaise qui avait été le mien. Enfin, je ne me sentais plus seule. Ce livre a été le détonateur. Puis d’autres livres sont venus, et ce  depuis 6 ans. J »ai été aussi interpelée un jour par la télé par Véronique Jannot qui parlait de son expérience avec le bouddhisme. Celui-ci l’aurait aidé quand à 20 ans, elle a eu une hystérectomie.

Frédéric langourieux : Quels sont les livres qui vous ont le plus aidé dans votre parcours, hormis celui que vous citez ?

Béatrice Martin : Les livres d’Eckart Tollé, de Wayne Dyer, de Gregg Bradden, du colectif Abraham d’Esther et Jerry Hicks et bien d’autres. Tous dans cette mouvance là.

Frédéric langourieux : Qu’est ce qui a changé en vous à la lecture de tous ces livres ?

Béatrice Martin : D’abord, le sentiment que j’avais de moi. J’existais, peu importe quelle apparence j’avais.  Malgré mon handicap, qui était une tare pour certains, on me disait que ce n’était qu’une apparence, que caché derrière ça, il y avait quelqu’un d’entier de complet. Progressivement, j’ai appris à voir mon accident comme un moyen de transformation. En effet, grâce à ça, je peu faire de longues introspections, de longs moments de solitude où, je peux rester à l’écoute de moi-même. Petit à petit, j’ai appris à m’aimer telle que je suis, à m’estimer. Alors, qu’après l’accident, mon entourage, inconsciemment m’avait fortement dévalorisée, ne jugeant que par rapport aux qualités physiques. Ce qui est courant en occident. Ces lectures m’ont enseigné le sens de la vie que j’avais tant cherchée. Enfin, il m’était révélé.

Frédéric langourieux : Est-ce que vos pensées quotidiennes sont différentes de ce qu’elles étaient avant l’accident ?

Béatrice Martin : Oui, mes pensées sont totalement différentes. Après l’accident la donne était différente, le regard des gens, aussi. Mais avec les lectures, j’ai eu l’impression d’une nouvelle naissance. Maintenant, je suis heureuse, je ne me pose pas de questions, ce n’est pas la peine. Je n’en veux plus à la vie pour mon accident, parce qu’à une époque c’était « pourquoi, pourquoi moi ? » « Qu’est-ce que j’ai fais ou pas fais et que j’aurais dû faire ? » Tout ça, c’est fini, je crois avoir mes réponses. Il me fallait ça pour avancer.

Frédéric langourieux : Et c’était quoi les réponses ? Ou qu’est ce qui vous a permis d’arrêter de vous poser des questions et de profiter de la vie ?

Béatrice Martin : La réponse est que moi aussi comme tout le monde, j’étais indispensable à la vie.

Frédéric langourieux : Super !

Béatrice Martin : Vous ne pouvez peut-être pas savoir, mais d’être convaincue que l’on est à la bonne place au bon moment, peu importe pourquoi faire cela fait un bien fou !

Frédéric langourieux : Et y a t’il un élément particulier qui vous a permis de comprendre ça ?

Béatrice Martin : Non, c’est une suite de lectures qui me disait tout cela. Bien sûr, au départ, il y a eu l’accident, qui rend les choses différentes. On ne regarde plus les petites mesquineries quotidiennes de la même façon.

Frédéric langourieux : Et maintenant avez vous des projets, des attentes particulières ?

Béatrice Martin : Oui, continuer à progresser physiquement, si ça doit arriver. Spirituellement c’est sûr. Mais, voyez vous, dans ma tête je n’envisage rien pour l’avenir. Je fais confiance à la vie.

Frédéric langourieux : Et bien nous allons finir cet interview sur cette belle phrase : « je fais confiance à la vie ». Merci Béatrice et bonne continuation sur la voie du bonheur et de la spiritualité. A bientôt.

Béatrice Martin : A bientôt.

Frédéric langourieux : Juste une dernière chose Béatrice : Avez vous un message à adresser aux lecteurs ?

Béatrice Martin : Chacun peut trouver au fond de soi sa vraie valeur, sans se fier à ce que disent ou pensent les gens autour d’eux. Que chacun qui vit a un prix inestimable.

Frédéric langourieux : Merci Béatrice pour ce message.

 

US

8 Commentaires

  1. Martin Béatrice
    |

    merci

  2. Faustine
    |

    Bravo maman 🙂

  3. Roger
    |

    Béatrice !

    Que du bonheur!

    je t’aime!……

  4. Nathalie
    |

    Super béa bravo bravo

  5. Martin
    |

    béatrice,

    j’ai trouvé ton interview comme une ode à la vie, la vraie celle qui est de l’être et non de l’avoir.

    Le plus dur est de se rappeler quotidiennement que le bonheur est au fond de nous et en toute simplicité.

    Cette interview apaise et fait du bien.

    Bisous.

    Olivier.

  6. franck
    |

    Merci pour ce témoignage plein de sincérité et d’espoir !

  7. Olivier.
    |

    Béatrice,

    ton interview est une ode à la vie. Celle-ci nous rappelle que l’être est essentiel contrairement à l’avoir. Le plus difficile est de se le rappeler tous les jours car la société actuelle n’ a de cesse de nous inciter à consommer.Cette interview nous ramène à la simplicité et à l’humilité.

  8. Nathalie
    |

    Parfois il suffit d’une si simple lecture pour apaisé nos doutes, nos colères…

    Merci Béatrice.

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